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Avant propos
Je ne suis pas l'auteur de cet
article.
Merci
à ZIP DAVIS et ZD NET FRANCE pour ces Informations.
Les promesses
de Windows NT 5.0
Après avoir combattu Novell
NetWare et IBM OS/2, Windows NT sattaque à plus gros. Car lambition de
Microsoft est de faire de son système dexploitation professionnel une alternative
aux serveurs applicatifs UNIX, voire à moyen terme aux mainframes. Un pari audacieux.
Voyons ensemble le premier jet de cette version 5.0 de Windows NT.
Par Olivier Caussin
Sommaire
1) Les ambitions de
NT 5.0
2) Une
architecture chahutée
3) Le réseau
repensé de A à Z
4) Administration et
TCO
5) Le clustering
Les
ambitions de NT 5.0
Par Olivier Caussin
Plus dun an et
demi après le lancement officiel de Windows NT 4.0, voici venir Windows NT 5.0. Mais
attention aux promesses et espérances données par Microsoft plusieurs mois avant la
commercialisation de son produit phare. Souvenons-nous seulement que Microsoft aime
claironner à qui veut lentendre que la prochaine version de son produit sera la
bonne
Car au bout du chemin, les promesses ne sont pas toutes toujours tenues.
Microsoft est coutumier du fait. Il suffit pour sen convaincre dentendre à
nouveau le discours quil tenait au sujet dun certain Windows NT 4.0 et des
technologies qui étaient alors baptisées Cairo.
Cette fois-ci, léditeur donne à Windows NT une nouvelle dimension. Avec cette
ultime version de son système dexploitation réseau, Microsoft cherche à toucher
une nouvelle population : ceux qui ont maille à partir avec les systèmes UNIX.
Lenjeu, on le comprend, est de taille
Pour ne pas dire majeur.
Grand écart
Mais Microsoft ne peut pas se
permettre doublier la base installée! Car avec Windows NT 5.0, léditeur en
question fera le grand écart et occupera la quasi-totalité du spectre informatique
actuel. Windows NT 5.0 sera également le préambule à lunification des diverses
versions de Windows. Après cette version de NT, il ny aura plus de Windows 9.x
basé en partie sur lancestral noyau de MS-DOS. Cest, tout du moins, ce
quindiquent aujourdhui les représentants de la firme de Redmond.
Ce grand virage a été amorcé il y a quelques mois de cela. Le département marketing a
presque davantage travaillé que la Recherche & Développement. Plusieurs versions de
NT ont, depuis, vu le jour. En plus de la version Workstation et Server, Microsoft
segmente la gamme serveur avec une version Small Business pour les
petites PME/ PMI nayant pas plus de 25 postes regroupant NT avec quelques
applications de la gamme BackOffice. Pour le haut de gamme, la version Entreprise intègre
déjà quelques-unes des nouveautés de NT 5.0 : Wolfpack 1.0 pour le clustering,
intégration de Microsoft Transaction Server, davantage de mémoire adressée
(jusquà 3 Go pour les applications), etc. Cette segmentation de Windows NT se
perpétuera dans la prochaine version 5.0. Dores et déjà, une licence de la
version Entreprise coûte deux fois plus cher quune licence de la version standard.
Lécart de prix entre NT et UNIX se creuse, tout du moins en ce qui concerne le prix
du système dexploitation.
Les enjeux de Windows NT 5.0 sont énormes
A tel point que Bill Gates a annoncé
jouer le futur de sa société sur ce produit! La première bêta-version a été
distribuée à 10 000 exemplaires lors de la Conférence Développeur de San
Diego, en septembre 97. Elle contenait déjà plus de 27 millions de ligne de code! Et
bien que certaines technologies clés soient absentes, il est déjà possible davoir
une idée générale de ce que sera NT 5.0 (la sortie de la version définitive étant
prévue pour le second semestre 1998).
Innovations
Nous avons choisi de regrouper les
innovations de cette version en trois chapitres. Dans le premier, nous détaillerons les
nouveautés de larchitecture, où de nombreux points sont partagés entre NT
Workstation et Server, ou même avec Windows 98. Dans le deuxième, nous aborderons les
fonctionnalités réseau avec les Active Directory. Enfin, le troisième chapitre traitera
de ladministration et de la problématique du TCO (Total Cost of Ownership), à
laquelle Microsoft tente dapporter une réponse en faisant appel à plusieurs
technologies. Pour lheure, la plus intéressante semble être IntelliMirror.
Nous avons volontairement passé sous silence lintégration entre le bureau et le
browser Internet Explorer, qui sera proposée en standard dans Windows 98 et NT 5.0.
Cest dailleurs déjà le cas avec Windows NT 4.0 et Windows 95, à condition
dinstaller Internet Explorer 4.0. Bien des choses ont déjà été dites à ce
sujet, et nous avons préféré nous focaliser sur les fonctionnalités professionnelles
de Windows NT Server, inédites à ce jour.
A lissue de cette première prise en main, le bilan est pour lheure positif.
NT 5.0 sest doté de fonctionnalités robustes qui en font véritablement une
alternative technique à UNIX. Cest une condition nécessaire au succès
commercial. Cependant, dau-tres facteurs peuvent intervenir, comme la capacité de
Microsoft à accompagner les clients sur des applications stratégiques. Mais là,
cest une autre histoire

Une
architecture chahutée
Par Olivier Caussin
Une fois encore,
larchitecture de Windows NT a été modifiée. Les améliorations portent sur le
stockage des données, le support des périphériques et linfrastructure de
composants objets COM+. Détails.
Pour des raisons de
compatibilité, Windows NT 5.0 supportera la FAT 32, introduite avec la version OSR2 de
Windows 95 et présente en standard dans Windows 98. Rappelons que la FAT 32 permet de
gérer des partitions de plus de 2 Go, alors que la vieille structure FAT héritée du DOS
était limitée à 2 Go sous Windows et à 4 Go sous Windows NT. La FAT
classique reste bien entendu supportée, et elle est préconisée pour les
petits supports tels que disquette et disque ZIP, ou sur les configurations pourvues
dun système multiboot (Windows NT, DOS, Windows 16 bits et autres
systèmes).
Le format de stockage utilisé pour les CD-ROM était traditionnellement CDFS.
Lapparition du DVD requiert un format plus adapté, baptisé UDF (Universal Disk
Format) et présent sur Windows 98 et NT 5.0. Sa principale caractéristique est
dêtre bootable et de supporter les noms longs Unicode.
NTFS version 5 Les principales évolutions concernent NTFS, présent uniquement sous
Windows NT. Outre des améliorations de performance, NTFS version 5 inclut des
caractéristiques très attendues liées à ladministration. Le support des quotas
de disque par utilisateur et par volume effectif depuis de nombreuses années sous
Novell NetWare est enfin présent, et il sadministre directement depuis
lExplorer. Quant à ladministration à distance, elle nétait pas
présente dans la version que nous avons testée, mais elle est prévue pour la prochaine
bêta. En analysant dans le détail larchitecture technique de NTFS version 5, on
découvre au moins trois caractéristiques intéressantes.
Tout dabord, il devient possible dassocier des propriétés personnalisables
aux fichiers et répertoires. En plus des classiques dates de création ou de
modification, les applications pourront stocker des annotations directement au sein du
système de fichier. Des mots clés peuvent être utilisés pour effectuer des recherches.
Microsoft a dores et déjà annoncé que son moteur dindexation et de
recherche Index Server saura exploiter lensemble des propriétés associées aux
fichiers.
Deuxième caractéristique, le gestionnaire de volume. Il sagit dune couche
logicielle située entre le système de fichier et le disque physique. Il permet, par
exemple, détendre les volumes NTFS v.5 sans avoir à rebooter le serveur. Les
disques Plug & Play sont gérés via ce gestionnaire. Cest aussi le cas du
mirroring. Troisième point remarquable, Microsoft a prévu lajout de drivers
filtrants au sein de larchitecture NTFS, qui sintercalent entre les
applications et le système de fichier. Ces briques logicielles fournies par Microsoft ou
par des éditeurs tiers (les spécifications sont publiques) permettront un cryptage
transparent, la compression, la surveillance de bas niveau des disques durs et surtout la
protection contre les virus.
Sauvegarde améliorée
Au niveau des outils, notons la
présence dune nouvelle version de Windows NT Backup, issue de la collaboration avec
Seagate. Celle-ci utilisera une nouvelle interface graphique à la mode Explorer,
permettant de voir et le serveur et le voisinage réseau. Elle disposera en outre
dassistants graphiques qui viendront faciliter la sauvegarde et la récupération
des données sur disque, sur bande ou même sur CD-ROM. Précisons que cet utilitaire de
sauvegarde sera bien entendu compatible avec les DFS (Distributed File System voir
le chapitre consacré aux innovations réseau dans ce dossier). Autre outil attendu, un
défragmenteur devrait faire son apparition, développé par Executive Software et
supportant à la fois FAT, FAT 32 et NTFS. Enfin, ultime technologie relative au stockage,
et directement issue du monde mainframe, Microsoft Windows NT 5.0 supportera HSM
(Hierarchical Storage System). Cette technologie consiste à faire migrer automatiquement
les fichiers les moins utilisés sur des supports moins chers (disque optique ou bande),
en toute transparence pour lutilisateur. Lorsque celui-ci souhaite accéder à un
fichier peu usité, il ne constatera quun ralentissement du temps de réponse, le
fichier étant automatiquement rapatrié et recopié sur un disque magnétique. HSM
nécessite une infrastructure matérielle onéreuse et il nest adapté quà
des cas bien particuliers, par exemple pour des applications transac- tionnelles
manipulant dénormes volumes de données, avec un souci dhistorisation.
Deux objectifs président aux évolutions de Windows NT 5.0 en termes de standards
matériels. Le premier est la mise à niveau avec Windows 95 et Windows 98. Le second est
le bon fonctionnement du système dexploitation sur un portable, ce qui était loin
dêtre le cas avec Windows NT 4.0 à cause notamment du non-support des technologies
de conservation de lénergie ou du Plug & Play.
Un meilleur support des
périphériques
Grâce au Plug & Play,
lutilisateur peut ajouter ou enlever des périphériques dynamiquement, sans aucune
étape de configuration ou de lecture de manuel technique, et surtout sans connaissance
technique du périphérique concerné. Par exemple, un portable connecté à sa station
daccueil utilisera la carte réseau de la station. Plus tard, déconnecté et sur la
route, il utilisera son modem pour accéder au réseau de lentreprise, et cela sans
reconfiguration manuelle.
Le premier système Plug & Play fut Windows 95. Depuis, Microsoft, Toshiba et Intel
ont travaillé à unifier les problématiques de la gestion de configuration et de la
gestion de lénergie, le tout sous le contrôle complet du système
dexploitation. Baptisée OnNow, cette initiative a donné naissance à ACPI 1.0
(Advanced Configuration and Power Interface), définissant des spécifications de carte
mère et de BIOS. Une première conclusion à tirer est que le support du Plug & Play
dans Windows NT 5.0 et dans Windows 98 ne reposera pas exclusivement sur des systèmes au
BIOS compatible APM (Advanced Power Management) ou au BIOS Plug & Play, comme
cétait le cas avec Windows 95.
Le support du Plug & Play dans Windows NT 5.0 concerne la reconnaissance des
périphériques à linstallation du système, la reconnaissance de tout changement
intervenu entre deux boots, ainsi que des événements matériels survenant
sur une machine allumée tels que larrimage dun portable à sa station
daccueil. Il concerne également lallocation automatique des ressources de la
machine (ports E/S, IRQ, DMA, plage de mémoire) aux périphériques, ainsi que
linteraction avec la gestion de lénergie sous forme dévénements comme
la mise en sommeil ou le réveil dun périphérique. Il est nécessaire de disposer
simultanément de périphé- riques compatibles ACPI et de pilotes pour ces
périphériques eux-mêmes Plug & Play. Cela signifie que, bien que les drivers de
Windows NT 4.0 soient supportés, ils ne permettront pas davoir accès au Plug &
Play. La première bêta-version de Windows NT 5.0 que nous avons testée
nintégrait pas encore toutes les fonctionnalités telles que linsertion à
chaud de cartes PCMCIA; toutefois, cela devrait être résolu dans la prochaine bêta,
nous dit-on.
Mais le Plug & Play nest pas la seule avancée de Windows NT 5.0 en termes de
support matériel. ATM (Asynchronious Transfer Mode) est nativement supporté par le
système, ce qui devrait faciliter les déploiements de cette technologie de réseau à
haute vitesse. Les DVD (Digital Video Disc) et leurs variantes réinscriptibles seront
également supportés par le système.
LUniversal Serial Bus ou USB, qui autorise le chaînage théorique de 127
périphériques tels que clavier, souris, écran, est également au programme de cette
version 5. Tout comme DirectX 5.0, qui permettra dexécuter des jeux à grande
vitesse. Notons que le Service Pack 3 de Windows NT 4.0 introduisait déjà cette
technologie sur la plate-forme professionnelle de Microsoft. Les cartes graphiques 3D
sintégrant dans le nouveau slot AGP seront aussi supportées. De plus, il deviendra
possible dutiliser plusieurs moniteurs simultanément, avec plusieurs cartes vidéo.
Enfin, Microsoft a travaillé à lunification des drivers pour Windows NT et Windows
98. Baptisés WDM (Win32 Driver Model), ces pilotes sont compatibles ACPI 1.0 mais ne
concernent pour linstant que bien peu de périphériques. Il sagit
essentiellement des cartes son, des cartes dacquisition et de compression vidéo, et
des matériels USB. Ne sont donc pas concernés : les pilotes de carte vidéo ou de
contrôleur disque, les modems, les imprimantes, etc.
Dans un tout autre registre, Microsoft sattaque au marché des cartes à puce ou à
bande magnétique, en intégrant des interfaces de programmation (SmartCard API) pour
développer des applications basées sur ces cartes.
Si toutes les évolutions listées ci-dessus sont communes à Windows NT Workstation et
Server, et même souvent à Windows 98, il nen va pas de même du support de VLM
(Very Large Memory) : exclusivement présente dans Windows NT 5.0 édition Entreprise, VLM
permet aux applications de disposer dun maximum de 3 Go de mémoire vive sur les
machines équipées de processeurs Intel, et jusquà 32 Go pour les machines Alpha
64 bits.
Dès à présent, 8 Go de mémoire sont adressables sur les AlphaServer 8400. Microsoft et
Digital franchissent un nouveau pas en matière dévolutivité. Il sagit bel
et bien de la conquête du marché UNIX. La technologie Fx!32 sur serveurs Alpha permet
dexécuter les binaires Intel x86 sans émulation et à pleine vitesse. Le meilleur
des deux mondes est ainsi réuni, cest-à-dire les performances des stations Alpha
et lextraordinaire variété de la bibliothèque de solutions sous Win32 Intel.
Pour accélérer les serveurs, une autre technologie baptisée I2O permet de déléguer
les accès disque à un processeur dédié, diminuant dautant la charge du
processeur principal. Cest cette technologie qui est aujourdhui suportée par
NT 5.0.
A signaler également que les machines SMP bénéficieront dun surcroît de
performances dû à un nouvel algorithme gérant la priorité des process et la
répartition de chaque thread sur les processeurs pendant un certain temps appelé
quantum.
Lévolution de COM
COM est devenu une technologie
essentielle au cur des systèmes dexploitation 32 bits de Microsoft. Rappelons
quil sagit dune infrastructure de composants objets, indépendants du
langage et de lemplacement (sur une machine distante ou sur une seule machine,
appelés au sein dun unique process ou en dehors du process). COM est présent sur
le poste client, via les objets interface utilisateur que sont les ActiveX, ou via les
communications entre applications bureautiques comme lOLE, ou lOLE Automation.
A ce titre, il est en concurrence avec le modèle JavaBeans, qui est quant à lui purement
Java. Mais COM existe aussi du côté du serveur, avec DCOM et Microsoft Transaction
Server. Ce produit sait gérer des objets COM appelés par de nombreux clients via
Internet par exemple, mais introduit en outre le concept de transaction sur des bases de
données ou, plus généralement, entre objets. Notons quà lheure actuelle,
MTS est encore un produit à part, qui ne fait pas réellement partie de COM. Sur le
serveur, COM est en concurrence avec CORBA. COM est souvent exclusivement associé à
Windows, alors que CORBA est davantage présent sous UNIX. Pourtant, le partenariat de
Microsoft avec Software AG a porté ses fruits en octobre 97, avec lannonce de
Entire X, un middleware basé sur COM pour les environnements UNIX et même OS/390.
En septembre dernier, Microsoft a dévoilé à loccasion de la conférence
développeur de San Diego les prochaines évolutions de COM, qui seront intégrées
à Windows NT 5.0. Les appellations successives de COM ont été OLE, Network OLE, DCOM,
ActiveX, et on attendait pour la nouvelle version COM3, ou COR
Microsoft a
finalement tranché pour COM+, en attendant une éventuelle prochaine dénomination!
Lobjectif annoncé est de simplifier radicalement le travail du développeur, afin
de concevoir des applications et des composants distribués et multi-niveaux pour le Web,
scalables du poste client aux déploiements dentreprise, et également
plus simples à administrer.
Il est essentiel de préciser en préambule que COM+ préserve la compatibilité avec COM,
tout en apportant un certain nombre dinnovations. Si le développeur ne souhaite pas
bénéficier de ces innovations, il peut continuer à programmer au prix
defforts plus importants, il est vrai des composants COM avec les méthodes
traditionnelles (en C++, en Visual Basic, en Java), qui fonctionneront parfaitement sous
COM+, puisque COM+ repose avant tout sur COM.
Du point de vue de larchitecture, la principale différence entre COM et COM+ est la
présence dun runtime au niveau du système, qui est responsable dun certain
nombre de services quil fallait auparavant développer à la main. Lun des
slogans de Microsoft pour COM+ est en effet Auto everything. Auto-transaction
tout dabord, puisque Microsoft Transaction Server sera fourni en standard dans
Windows NT 5.0, gérant des transactions autour de composants COM, mais aussi un pool de
connexions vers des bases de données, ou encore le multi-threading automatique dès lors
que plusieurs clients se connectent simultanément depuis des postes Windows ou des
browsers Web. La répartition dynamique de charge entre serveurs MTS est également
prévue. Auto-Asynchrone ensuite grâce à lintégration de Microsoft Message Queue
(ex Falcon). Lorsquun objet A appelle une méthode dun objet B non disponible,
une pile dattente est créée. Lors du réveil ou de la disponibilité de
lobjet B, celui-ci recevra lappel de la méthode, et pourra lexécuter
de manière asynchrone par rapport à linvocation. Auto-biding signifie
que des classes pourront contenir des champs de sources de données ODBC ou OLE DB, COM+
se chargeant ici de masquer la complexité de laccès aux données. Le seul travail
à faire est la déclaration des interfaces de lobjet, en utilisant des mots clés
tels que source=, column=, etc.
La gestion des versions sera améliorée en stockant au sein dune base de données
les interfaces de chaque objet au fil de ses versions. Ces informations baptisées
métadonnées sont aujourdhui très limitées, essentiellement stockées dans
la Registry. De plus, il sera possible de préciser que tel objet ne fonctionne
quavec une version particulière dun autre composant, ou avec la dernière
version, etc. Avec COM+, des packages pourront regrouper logiquement des composants, en
étant certain que leurs versions respectives sont compatibles, et lutilisateur
final pourra manipuler ces packages dotés de noms utilisateurs. Le format de la base de
données abritant les métadonnées COM+ nest pas défini à ce jour, mais il
pourrait sagir des Active Directory, ce qui permettrait de fusionner la
problématique de sécurité. Il sagit de savoir gérer les rôles (quels
utilisateurs ont le droit?), les privilèges (quelles sont les ressources disponibles?),
lauthentification (doù provient cet objet?), ainsi que les différentes zones
(Internet, au sein dun réseau privé, etc.).
Toujours au sein du runtime COM+, la Garbage collection, à limage de
celle de Java, est une fonctionnalité de libération automatique de la mémoire allouée,
et surtout des instances dobjets créés en mémoire ou à distance. Il ne sera plus
nécessaire de compter les instances appelées et libérées. Parallèlement, les objets
COM+ pourront utiliser une base de données virtuelle en mémoire, afin de stocker leurs
propriétés et données, avec des liens middleware vers des bases de données
relationnelles. Lobjectif est bien la persistance des objets COM+. Microsoft
sacheminerait ainsi vers une redéfinition des bases de données objet.

Le
réseau repensé de A à Z
Par Olivier Caussin
En intégrant un
nouveau service de répertoire dénommé Active Directory, Microsoft a complètement
repensé la gestion du réseau sous Windows NT 5.0. Explications.
Microsoft Windows NT 5.0 inclut
un nouveau service de répertoire baptisé Active Directory. Ce service étend les
fonctionnalités déjà disponibles avec la gestion des domaines de NT 4.0, mais rajoute
également des innovations telles que le renforcement de la sécurité, la réplication
entre domaines distribués et partitionnés ou encore la hiérarchisation. Ce service est
conçu pour fonctionner avec de petites installations où un seul serveur gère quelques
centaines dobjets (utilisateurs, etc.), mais aussi avec des installations
internationales où des milliers de serveurs répartis sur plusieurs continents gèrent
des millions dobjets. Cest dailleurs sur ce dernier segment que le
modèle de domaine présent dans le serveur NT 4.0 présentait le plus de lacunes,
comparativement à loffre NDS de Novell. Le service Active Directory de Microsoft se
compose dun ensemble doutils pour les administrateurs, de services de
réplication et de sécurité, mais aussi dAPI pour les développeurs, permettant de
bâtir des solutions accédant aux ADS.
Tout comme dans larchitecture de Windows NT 3.x et 4.0, lélément central du
réseau ADS est le domaine. Tous les objets réseau existent au sein dun domaine.
Les accès à ces objets sont contrôlés par des ACL (Access Control List), et les droits
dadministrateur sexercent au sein dun domaine. Les domaines sont aussi
lunité de base de la réplication. Un seul domaine peut couvrir plusieurs
emplacements ou sites physiques. Contrairement aux PDC (Primary Domain Controller) et BDC
(Backup Domain Controller) présents dans NT 4.0, lActive Directory sait utiliser
simultanément plusieurs contrôleurs maîtres, désormais baptisés DC (Directory
Controller). Tous ont autorité sur le domaine, peuvent recevoir des modifications
directement et les propagent aux autres DC. Cela permet des réplications inter-sites,
même si un quelconque DC ne fonctionne pas.
Plusieurs domaines sont ensuite regroupés dans un arbre de domaines. Les utilisateurs
dun domaine peuvent accéder aux ressources dautres domaines via des liens de
confiance transitifs au sein de larbre global. Néanmoins, les droits
dadministration ne sont pas toujours transitifs, et des couches de sécurité
additionnelles ont été rajoutées pour limiter les droits de ladministrateur.
Microsoft a essayé de faire une fusion des DNS (Domain Naming System) cette base
de données qui sert à associer les noms de domaines avec des adresses IP avec la
norme X500 qui est un format standard de stockage hiérarchique, sur lequel
sappuient plus ou moins tous les services de répertoire existants, y compris celui
de Novell. «Le meilleur du DNS, avec le meilleur de X500», telle est lambition
avouée des ADS.
Les ADS stockent des objets, avec leurs attributs. Un objet symbolise quelque chose de
concret, par exemple un utilisateur, une imprimante ou une application. Les attributs
dun utilisateur peuvent être son nom, son adresse E-Mail, etc. Certains objets sont
appelés container parce quils peuvent contenir à leur tour
dautres objets. Les objets sont référencés au sein des Active Directory Services
par un nom basé sur une convention proche de DNS. Par exemple,
PierreDurand@Marketing.Paris.MaSociete .fr, plus simple que lappellation X500 qui
serait ici CN=PierreDurand, O=MaSociete, OU=Paris, OU=Marketing, C=fr. Le sigle OU
désigne le terme Organisation Unit et sert à regrouper logiquement les objets dans la
hiérarchie X500 et ADS. Au sein dun domaine, les objets de lActive Directory
sont organisés en OU. Ces OU ne sont pas des équivalents stricts des OU de la norme
X500, puisquils servent aussi à des fins dadministration. Les droits pour un
utilisateur peuvent se spécifier sur tous les objets dun OU. Inversement, il est
possible de donner des droits particuliers sur un objet à tous les utilisateurs dun
OU. Au fil du temps, il peut être intéressant de réaliser des interfaces automatiques
entre les logiciels de production de lentreprise (telle la paye) et les ADS, afin de
maintenir automatiquement les modifications apportées aux utilisateurs, de créer
automatiquement les nouveaux, de supprimer les anciens. Néanmoins, rien nest
réellement prévu au sein de Windows NT 5.0 pour réaliser de telles interfaces.
Principe de lActive
Directory
Le schéma de lActive Directory
désigne la structure arborescente de larbre, la liste des objets possibles, les
parents auxquels chacun deux peut être raccordé et leur liste dattributs. NT
5.0 permet, via la console dadministration, dajouter non seulement de
nouvelles classes dobjets, mais aussi des attributs aux objets. Que stocker dans
lActive Directory? Microsoft définit deux règles simples : premièrement,
linformation doit être relativement statique et ne changer que rarement. Par
exemple, ladresse E-Mail dun utilisateur rentre dans ce cadre. Par contre, les
messages que reçoit ce même utilisateur ne seront pas de bons candidats pour le stockage
dans les ADS. Seconde règle, linformation doit être structurée et pouvoir être
représentée par une série dattributs. Ainsi, un clip vidéo ne sera pas stocké
dans larbre des domaines. Ces deux règles laissent la place à de nombreuses
données, jusquici stockées dans des bases de données ou plus souvent dans la
Registry de chacune des machines du réseau. Par exemple, les applications Client/Serveur
pourront stocker leurs paramètres de connexion ou les configurations courantes.
Laffichage des utilisateurs dun domaine na jamais été le point fort de
NT 4.0. Faute de hiérarchisation, tous les utilisateurs étaient toujours tous affichés
en même temps. Pour simplifier cette vue, Windows NT 5.0 dispose dun mécanisme de
recherche appelé catalogue global (GC). Ce catalogue est un index des objets dune
sous-partie de larbre des domaines, mixé à un moteur de recherche. Pour trouver
une ressource, lutilisateur fera désormais une requête auprès du GC, en
fournissant un ou plusieurs attributs connus. Lun des attributs associés à un
objet correspond aux droits daccès. Ainsi, si un utilisateur na pas les
droits sur un objet, sa requête pour le trouver échouera.
Plusieurs interfaces de programmation sont disponibles. ADSI (Active Directory Service
Interface) servira globalement à gérer les ADS, et sera utilisée par les applications
nécessitant un haut niveau dinteraction avec les arbres réseaux. LDAP (Lightweight
Directory Access Protocol) est une interface standard, dérivée des protocoles
dinterrogation plus complexes pour X500. Elle sera utilisée pour interroger les
ADS. Notons que ce protocole est utilisé par les browsers Web de Microsoft et de Netscape
pour consulter des annuaires de manière générique. Hélas, LDAP na pas encore
été finalisée quant à ses spécification exactes, et plusieurs versions (2 et 3)
coexistent. Microsoft a annoncé quil supporterait les spécifications exactes de
LDAP version 3 lors de la sortie de NT 5.0.
Licône Directory en action
Des outils sont également
disponibles pour les administrateurs, tout dabord via une nouvelle icône sur le
bureau, baptisée Directory. Elle remplace le voisinage réseau. En double-cliquant sur
cette icône, il est possible dexplorer la hiérarchie de lADS et de
visualiser les propriétés des objets. Une autre interface Web existe (DS Web),
permettant de faire des recherches pour trouver des utilisateurs, des groupes, des
imprimantes ou des OU, ce qui signifie que les ADS sont disponibles depuis tout browser
Web, via Internet, depuis un PC, un Mac ou une station UNIX. Mais loutil le plus
complet pour manipuler les ADS est un Snap-In pour MMC (Microsoft Management Console) avec
un spectre fonctionnel total. Nous abordons en détail cet outil dans le chapitre suivant.
Avant Windows NT 5.0, les relations de confiance entre domaines étaient
unidirectionelles. Avec les ADS, des relations transitives peuvent être définies entre
les domaines en utilisant le modèle de sécurité de Kerberos (voir texte page suivante),
mais il est toujours possible de définir des relations de confiance non transitives entre
des domaines nappartenant pas à un même arbre de domaine, ou qui ne supportent pas
les ADS (par exemple, les serveurs NT 4.0 qui nont pas encore migré). Par contre,
un domaine NT 3.51 ou NT 4.0 ne pourra pas établir une relation de confiance envers un
arbre NT 5.0. En général, on placera au moins un DC (Domain Controller) par site. Un
site peut être défini comme un ou plusieurs sous-réseaux IP. De cette façon, la
réplication tire parti de la topologie physique du réseau. Par ailleurs, lorsquun
utilisateur se connecte au réseau, cest un DC situé sur le même site qui va
lauthentifier. La réplication permet de propager les modifications de larbre
entre les différents DC (Domain Controller). Puisquil ny a pas de hiérarchie
entre ces DC, il faut pouvoir gérer les conflits lorsque deux modifications sont faites
en même temps sur le même objet sur deux DC différents. Windows NT 5.0 permet même de
gérer ces conflits au niveau de lattribut de lobjet. Certains changements,
tels que des modifications de structure ou encore la création ou la suppression de
domaines, ont des conséquences radicales, et il est nécessaire dans ce cas de promouvoir
temporairement un des DC comme FSM (Floating Single Master) qui a priorité sur les
autres. Un seul FSM est possible à un moment donné. Physiquement, la réplication
utilise les RPC (Remote Procedure Call) pour une réplication au sein dun site, et
la messagerie (ou les RPC) pour les réplications inter-sites. On utilisera alors SMTP,
qui est un standard de messagerie Internet supporté nativement par Windows NT 5.0, mais
aussi, si Exchange est présent, dautres protocoles comme X400.
Pour vous familiariser dès à présent avec les Active Directory, sachez que le modèle
de répertoire de MS Exchange en est assez proche. Il est possible dimporter le
répertoire Exchange au sein des ADS. La prochaine version dExchange devrait
dailleurs reposer exclusivement sur les ADS.
La migration
Comment migrer un réseau NT existant
pour pouvoir utiliser les Active Directory? Avant tout, il faut savoir que seuls les
serveurs NT 3.51 et NT 4.0 pourront directement migrer sous NT 5.0. Les machines
équipées de NT 3.1 ou NT 3.5 devront donc préalablement être converties en version
3.51 ou 4.0. Microsoft préconise de migrer dabord le contrôleur de domaine
primaire (ou PDC). Il faudra spécifier si le domaine est la racine de larbre
réseau, ou sil faut le raccorder à une branche existante. Lors de
linstallation de NT 5.0, la base de données de sécurité est transformée dans
lADS créé, les utilisateurs sont créés dans un container baptisé Users, tandis
que les ordinateurs sont stockés dans un container Computers. A ce moment, le résultat
obtenu est hybride. Il est possible dutiliser les outils de NT 5.0 pour gérer le
domaine, de rajouter des OU ou dautres hiérarchies dans larbre. Le problème
réside dans le Backup Domain Controller (BDC), qui nest pas encore mis à jour et
ne supporte pas les processus de réplication symétrique. Il faut donc mettre à jour
tous les BDC. Linstallation reconnaît la nature des BDC, crée une réplique
dADS et insère le serveur dans la topologie de réplication du serveur.
Les clients NT 4.0 Workstation devront migrer sous NT 5.0. Quant aux postes Windows 95, il
faudra installer un Service Pack qui leur permettra de sintégrer au sein dun
réseau Windows NT 5.0, cest-à-dire de sintégrer à la sécurité Kerberos,
de supporter les ADS par le biais des boîtes de dialogue et des extensions du bureau. La
migration est alors achevée. Cette première stratégie officielle de
migration ne parle pas dun éventuel échec lors de linstallation du PDC,
échec dont le résultat serait un PDC corrompu. Il semble quune stratégie moins
risquée serait de migrer dabord un BCD, puis de le promouvoir en PDC.
Une fois la migration à proprement parler achevée, il faut décider si les ADS de votre
réseau NT seront limités au strict minimum, avec les objets créés par NT, ou sil
abritera dautres répertoires de votre entreprise, depuis les simples listes de
téléphone jusquà des applications complexes utilisant les ADS comme support de
stockage.
Kerberos et la sécurité
Sur un réseau Windows NT 5.0,
plusieurs protocoles de sécurité sont utilisés. Le premier, qui sappelle NTLM (NT
Lan Manager), est en fait déjà employé par les précédentes versions de NT. Ce
protocole subsistera pour des raisons de compatibilité et sera utilisé pour la
communication entre des domaines NT 5.0 et les serveurs NT 4.0 subsistants. Le second
protocole sappelle Kerberos. Basé sur la définition Internet RFC 1510, il
constitue un standard mature en termes de sécurité. Lorsquun utilisateur se
connecte via la fenêtre de login classique, il envoie son nom et son mot de passe au
contrôleur de domaine. Celui-ci valide sa connexion en consultant les informations
stockées dans les ADS. Il renvoie au client un ticket signifiant quil sest
effectivement connecté. Ce ticket contient des informations sur les droits de
lutilisateur, mais il peut être limité dans le temps. Dans ce cas, des services
(tels que le redirecteur réseau) se chargeront de renouveler le ticket de manière
transparente pour lutilisateur. Lorsque ce dernier essaie ensuite de se connecter à
un autre serveur de fichier, ou à un serveur applicatif, il présente son ticket au
serveur cible. Contrairement à la version NT 4.0, le serveur na pas besoin de
vérifier les droits auprès du contrôleur de domaine, le ticket lui suffit. Kerberos
permet ainsi de réduire la charge dauthentification des contrôleurs de domaine.
Seconde qualité de ce protocole, il permet de déléguer lauthentification dans un
environnement multi-niveau : supposons un client connecté à un serveur applicatif
A, qui lui-même a besoin de se connecter à un serveur B. En fait, le serveur A va
demander une connexion au nom du client auprès du serveur B. Enfin, dernier intérêt de
ce protocole, il autorise des relations de confiance transitives entre domaines, ce qui
était impossible avec NTLM.
On notera quil est également possible avec Kerberos, lors du login initial du
client auprès du contrôleur de domaine (DC), de ne pas envoyer le nom et le mot de
passe, mais de passer par une technologie de clé publique/clé privée :
lutilisateur nenvoie que sa clé privée, tandis que le DC vérifie le compte
en utilisant la clé publique obtenue daprès un certificat X.509 stocké dans les
ADS. Le certificat peut aussi être obtenu auprès dautorités tierces, telles que
VeriSign, ou en utilisant Microsoft Certificate Server. Toujours par le biais de ces
protocoles, Microsoft permet une authentification interactive via les cartes à puce ou à
bande magnétique.
Enfin, les protocoles SSL 3.0 (Secure Socket Layer) et TLS (Transport Level Security)
utilisés entre des browsers et des serveurs Web, et basés également sur des
technologies de clé privée/clé publique, seront nativement supportés par NT 5.0. Cela
permettra de bâtir des solutions Extranet en toute sécurité. Fournisseurs, clients et
partenaires pourront se connecter auprès de serveurs Web sous NT, et créer un canal de
sécurité SSL 3.0. Il sera ensuite possible de faire correspondre des certificats obtenus
par le couple clé privée/publique à des comptes NT pour permettre laccès de ces
utilisateurs extérieurs à la société à certaines ressources des Active Directory.
DFS, le système de fichier
distribué
Le DFS (Distributed File System) est
un service de Windows NT 5.0 Server qui facilite la recherche et la gestion de données
sur un serveur. Le DFS permet de regrouper au sein dune unique arborescence les
répertoires et partages situés sur plusieurs serveurs. Ainsi, au lieu de voir un réseau
physique composé de dizaines de serveurs, dont chacun comporte sa propre arborescence de
répertoires, les utilisateurs vont pouvoir voir des regroupements logiques
inter-serveurs. En fait, les DFS sont aux serveurs et aux partages ce quun système
de fichier (FAT, NTFS) est aux fichiers.
Historiquement, les répertoires ou disques partagés dun serveur de fichier distant
sont associés à une lettre (unité logique) sur le poste client. La notation UNC
\\Serveur\partage\repertoire a permis de contourner la pénurie de lettre de
lalphabet, mais le réel problème est ailleurs! Le problème cest que
lutilisateur final est surchargé demplacements réseau à retenir,
emplacements qui changent à chaque réorganisation du stockage
Or,
lopération est très fréquente, à cause de léternelle croissance du volume
des données à stocker. DFS simplifie donc énormément la vision quaura
lutilisateur final des ressources réseau disponibles. De plus, DFS est indépendant
du système de fichier sous-jacent (disque dur ou CD-ROM), et même du type de réseau
(NT, Novell ou même Web). Un DFS pourra contenir une première arborescence de fichiers
et une seconde arborescence pointant sur un Intranet, et on pourra même créer des
répertoires virtuels au sein dun site Web. Seul oubli : on ne peut pas faire
pointer un dossier vers un dossier public Exchange ou, plus généralement, vers un lieu
de stockage géré par une application
Mais bien dautres avantages se cachent derrière cette nouvelle technologie. Des
portions entières de la hiérarchie DFS peuvent être déconnectées du réseau, par
exemple à des fins de maintenance administrative, sans que le reste du DFS en soit
affecté. Les administrateurs sont également libres de modifier la structure physique des
serveurs et de déplacer des pans entiers de répertoires dun serveur vers un autre,
sans que les utilisateurs puissent sen rendre compte
Plus intéressant encore,
plusieurs copies en lecture seule peuvent être associées à un même nud du DFS.
Si un serveur physique tombe en panne, une autre source sera automatiquement
sélectionnée. Voilà un système de partage de fichier à haute disponibilité créé
très simplement et à peu de frais. Les DFS vont encore plus loin en permettant le
partage de charge entre ces différentes copies en lecture seule. Les utilisateurs seront
répartis successivement entre tous les serveurs physiques, de manière transparente. Il
devient possible de gérer du partage de fichier à une échelle de plusieurs dizaines de
milliers de clients simultanément.
DFS sur tous les clients Windows
Bien entendu, tout cela fonctionne en
symbiose avec le modèle de sécurité de NT. Les utilisateurs ne sont autorisés à
accéder à une portion du DFS que sils ont les droits sur le serveur physique
sous-jacent. Les clients du DFS pourront tout aussi bien être des machines NT 5.0 Server
et Workstation que des machines Windows NT 4.0 Workstation ou des clients Windows 95 via
un nouveau redirecteur réseau. (Dans ce dernier cas, il sera nécessaire dans
létat actuel du logiciel dutiliser Microsoft Gateway for NetWare pour
accéder, depuis Windows 95, à des portions de réseau Novell). Notons que
larborescence DFS est visualisée nativement dans lexplorateur Windows des
clients, et que lon peut associer une lettre dunité logique à ce partage
logique comme sil sagissait dun partage physique. On peut même faire
des recherches avec les outils standard. Et les utilitaires de sauvegarde sont en mesure
de balayer dun seul coup plusieurs serveurs physiques. Physiquement, DFS est un
service tournant sur NT 4.0 ou NT 5.0. Sur cette dernière version, il sera possible de
disposer de plusieurs hiérarchies DFS distinctes par Serveur NT.

Administration
et TCO
Par Olivier Caussin
Le TCO (Total Cost of
Ownership) est basé sur des outils encore très limités comme Administration
Zero ou les NetPC. Les technologies présentes dans le ZAK (Zero Administration Kit)
de Microsoft sont à ce jour embryonnaires, mais Windows NT 5.0 devrait marquer une
avancée significative dans ce domaine.
Les objectifs relatifs à la
gestion des réseaux, à ladministration des logiciels installés et à installer,
et à la gestion des utilisateurs connectés ou mobiles sont très ambitieux. Au cur
de ce dispositif, IntelliMirror est une technologie qui procurera aux utilisateurs des
clients Windows 32 bits les avantages dune informatique centralisée, ainsi que les
performances et la flexibilité dune informatique mobile et distribuée.
Il sagit de dupliquer les données utilisateurs, les applications et les paramètres
système au sein dun serveur NT 5.0, en utilisant un système de cache intelligent
et une synchronisation centralisée. Les utilisateurs ont donc accès à leurs données et
applications, quils soient connectés au réseau ou non, avec lassurance que
leurs données sont en sécurité sur le serveur. IntelliMirror permettra plus facilement
de remplacer un poste client endommagé en retrouvant une configuration et des données
personnelles identiques. Il existe déjà des dossiers système un peu particuliers sous
Windows, notamment les profiles ou le bureau. Cette liste incluera désormais le dossier
personnel Mes documents qui existera réellement par utilisateur.
Licône sera présente directement sur le bureau, et les boîtes de dialogue
douverture et de sauvegarde de fichier comporteront un raccourci vers le dossier
Mes documents.
La technologie IntelliMirror nétait pas présente dans la première bêta-version
de Windows NT 5.0, et de nombreuses questions pratiques restent pour le moment sans
réponse. Quel sera le volume disque nécessaire sur le serveur, par utilisateur? Quels
seront les impacts de la réplication sur les performances réseau?
Le système dexploitation client ainsi que les applications seront plus simples à
installer, avec une intervention minimale de lutilisateur final. Tous les
paramètres dinstallation auront été préparés par ladministrateur via des
scripts sexécutant automatiquement lors du login et du logoff des clients. Les
mises à jour pourront également être transparentes, et les applications iront chercher
sur des serveurs dinstallation leurs nouveaux modules et leurs mises à jour. Ceci
inclut les mises à jour des systèmes dexploitation. Le tout sappuiera sur
les Active Directory Service. Notons que les prérequis dinstallation pour les
applications dans le cadre des logos Windows 98 et Windows NT 5.0 vont évoluer, de
manière à pouvoir sintégrer dans le cadre dIntelliMirror.
Linstallation sera une composante à part entière du système dexploitation,
ce qui imposera une unification des procédures. En particulier, il sera interdit pour les
applications décrire dans le répertoire \System32, et les composants partagés ne
pourront être mis à jour que via des Services Packs, centralisés par Microsoft. Le
cauchemar des DLL incompatibles entre elles et mises à jour en permanence serait donc sur
le point dêtre résolu
Aujourdhui, lorsque vous double-cliquez sous Windows 95 ou Windows NT 4.0
sur un fichier dont lextension nest associée à aucune application,
apparaît une fenêtre qui vous demande avec quelle application il faut exécuter le
fichier. Windows NT 5.0 Server intégrera la technologie ClassStore qui contient un
référentiel dapplications (logiciels génériques, composants ActiveX ou programme
Java) sur le serveur. Ladministrateur rendra certaines de ces applications
disponibles pour les utilisateurs. Du coup, ceux-ci seront libres dutiliser
dans le panneau de configuration licône Ajouter/Supprimer une application,
qui saura alors se connecter à ClassStore. Les versions officielles de composants ActiveX
situés sur un Intranet pourront être stockées dans ClassStore. Il ne sera donc plus
nécessaire de mettre à jour toutes les pages HTML. De la même manière, si des messages
E-Mail contiennent des pièces jointes Visio ou Acrobat PDF, linstallation de ces
applications pourra se faire lors de louverture des pièces jointes.
Microsoft Management
Console, alias MMC Microsoft
Management Console (MMC) est un outil fédérateur de lensemble des utilitaires
dadministration de la plate-forme NT 5.0. Jusquà la version 4.0, certains
outils étaient accessibles via le panneau de configuration, dautres via des
applications spécialisées (dont les interfaces utilisateurs nétait pas toujours
harmonisées). MMC ne dispose à elle seule daucune fonctionnalité
dadministration : ce nest quun container de Snap-In (autrement dit
doutils), chaque Snap-In étant spécialisé dans ladministration dun
composant système. Plusieurs Snap-In peuvent être combinés au sein de linterface
MDI de MMC. Par exemple, un Snap-In gère les services NT, un autre remplace le
gestionnaire dévénement, un troisième administre les Active Directory, etc. MMC
est en fait déjà disponible, livré avec la bêta de IIS 4.0 dans loption Pack
pour NT 4.0.
Toutes les briques dadministration de Windows NT 5.0 seront des Snap-In, et
Microsoft sengage à en livrer régulièrement, couvrant un spectre fonctionnel de
plus en plus large. Une partie du site Web de Microsoft abritera la Snap-In Gallery, à
partir de laquelle on pourra télécharger les nouveautés. Les interfaces de
programmation des Snap-In sont publiques, elles reposent dailleurs entièrement sur
COM, et lon peut sattendre à ce que des éditeurs tiers fournissent leurs
propres modules dadministration. Ce sera probablement un prérequis pour obtenir le
logo Compatible BackOffice. Par ailleurs, les prochaines versions des
composants de BackOffice (SQL Server, Exchange, IIS
) seront utilisées via des
Snap-In. Enfin, des programmes qui ne sont pas des Snap-In standard, ou même des pages
Web, peuvent quand même être appelés via des raccourcis dans MMC (mais au prix
dune intégration moindre).
MMC étant par nature très modulaire, il est possible de choisir une série de Snap-In
dans une liste (cette liste tenant compte des droits de lutilisateur). Un fichier
dextension .MSC enregistre cette configuration et permet douvrir tous les
outils dans la même configuration que lors de la précédente sauvegarde. Dans la
première bêta de NT 5.0, le sous-menu Outils dadministration du menu
Démarrer ne contient dailleurs quune liste de raccourcis vers de tels
fichiers MSC.
MMC dispose dun menu, dune barre doutils, et affiche dans une
arborescence les éléments gérés par chaque Snap-In. Chacun deux peut enrichir
les menus ou la barre doutils. Lorsquun objet est sélectionné dans
larborescence, le Snap-In gère son affichage dans la partie de droite. On trouvera
des affichages spécialisés (le moniteur de performance affiche des graphes), des listes
de sous-objets ou plus généralement des contrôles ActiveX, voire même des pages Web
complètes, MMC nétant dans ce cas quune encapsulation dIE 4.
Windows Scripting Host
Autre technologie visant à réduire
les coûts dadministration, WSH (Windows Scripting Host) permet dexécuter des
scripts directement sur le bureau Windows, ou dans une fenêtre DOS. On attendait en effet
depuis longtemps une alternative aux fichiers exécutables .BAT. WSH sera disponible pour
Windows NT 5.0 et Windows 98. Les scripts seront stockés dans des fichiers aux extensions
dédiées à chaque langage de script. Fonctionnellement, les scripts sauront manipuler le
bureau Windows et la Registry, au sein dun langage procédural complet (variables,
boucles, tests, etc.).
La technologie est ouverte, abritant aujourdhui deux langages en
loccurrence, VBScript et JavaScript fournis par Microsoft mais des éditeurs
tiers ont déjà prévu de créer des extensions pour Perl, REXX ainsi que Python. En
fait, WSH sera disponible au sein de plusieurs hôtes, le premier étant le bureau
Windows, les autres étant Internet Explorer (qui sait exécuter des scripts au sein de
pages HTML), et IIS sur Windows NT au sein des pages ASP. Microsoft précise que
lempreinte mémoire nécessaire à lexécution de scripts devrait être
faible, et en aucun cas comparable à celle requise par Internet Explorer. Les
développeurs peuvent dores et déjà télécharger le SDK de Windows Scripting Host
sur le site Web de Microsoft.
Le projet de Terminal Windows
Windows NT Hydra est le nom de code
du projet de Terminal Windows. Ce terminal est un client ultra-léger capable
dexécuter les applications Windows qui fonctionneront en réalité sur un serveur
distant. Trois composants sont impliqués. Dabord Windows NT Hydra Server, un noyau
multi-utilisateur capable dabriter de multiples sessions utilisateurs
simultanément. Hydra Remote Protocol ensuite, qui est un protocole réseau basé sur le
standard de conférence multi-canal T.SHARE/T.120, permettant aux clients de se connecter
au serveur et dutiliser linterface utilisateur Windows. Troisième composant
enfin, le client Hydra permet daccéder aux applications 16 ou 32 bits à partir de
nouveaux terminaux, baptisés Terminaux Windows (le prix annoncé de ces
terminaux est denviron 500$), à partir de PC faisant fonctionner Windows 95,
Windows NT ou Windows 3.11. De plus, via des éditeurs tiers (tel Citrix), il sera
possible dutiliser des terminaux X, des Mac, des PC sous DOS, des Network Computers
et même des stations UNIX. Il devient ainsi possible de recycler les vieux 286 ou 386
pour en faire des postes de travail tout à fait acceptables.
Avant de décrire plus précisément ces technologies, rappelons au passage que le concept
de Terminal Windows existe depuis plusieurs années, développé par Citrix et Prologue,
et quil fonctionne déjà sous Windows NT 3.51. Microsoft a souhaité
lintégrer à son offre suite à lengouement suscité par le concept de
Network Computer (NC) qui est clairement une offre concurrente. Des accords technologiques
ont ensuite été signés avec les deux sociétés Prologue et Citrix. En fait, le serveur
Hydra pour Windows NT 5.0 nest que laboutissement de cette politique, et de la
technologie Winframe de Citrix en particulier.
En termes dadministration, cette solution est par nature extrêmement peu onéreuse,
puisquil nest pas nécessaire de configurer des postes clients, toutes les
applications résidant sur un seul serveur centralisé. De même, tous les profils
utilisateurs sont gérés par le serveur, autorisant ou non les clients à utiliser telle
ou telle application. Quant aux terminaux, ils sont physiquement remplaçables sans
occasionner la moindre gêne pour les utilisateurs.
Contrairement aux NC qui intègrent principalement un browser Web (dans lequel toute
application Web peut sexécuter), le client Hydra nexécute rien du tout. Il
est possible de parcourir le Web, dexécuter des applications Java, mais le browser
ou la machine virtuelle sera lancé sur le serveur.
Les applications susceptibles dêtre exécutées par un utilisateur Hydra sont à
priori infinies. Néanmoins, il existe un certain nombre de points critiques concernant le
partage des ressources des serveurs, et il est probable que les logiciels existants ne les
respectent pas, ce qui signifie un gaspillage de ressources, et donc une configuration
très musclée du serveur Hydra pour quelques utilisateurs. Microsoft a dailleurs
annoncé que la prochaine version de sa suite Office serait optimisée en ce sens,
permettant une meilleure montée en charge. Les goulets détranglement sur le
serveur Hydra sont la CPU (il ne faut pas quun utilisateur puisse pénaliser un
autre client Hydra lorsquil utilise des fonctions gourmandes pour le processeur), la
mémoire, laccès au disque et au réseau. Rappelons que lenvironnement
nest pas réparti, et que les terminaux ne pourront pas utiliser de stockage local,
ni à plus forte raison de lecteur de disquettes. Un seul lecteur de disquettes sera
visible, celui du serveur
Si certaines ressources comme lécran sont
dupliquées, ce nest pas le cas du fichier de pagination, unique pour tous les
clients. En somme, Hydra nest pas, pour lheure, abouti.

Le
clustering
Par Olivier Caussin
Pour les applications critiques qui se développent dans les
entreprises, la moindre panne peut causer de lourds préjudices financiers. Pour
concurrencer UNIX et les mainframes, Microsoft se devait de proposer une solution de
clustering offrant une tolérance de panne presque totale. Attention, des solutions
partielles de tolérance de panne existent depuis longtemps, qui concernent surtout les
disques durs. Ces technologies RAID sont supportées par Windows NT depuis les premières
versions. Et des solutions plus générales ont été développées sur des bases
propriétaires par certains constructeurs. Ce dont il est question ici, cest
dun standard global de disponibilité de systèmes, développé par Microsoft,
Digital, Compaq, HP, Tandem, Intel et NCR. Répondant au nom de code Wolfpack,
ce standard sappelle désormais MSCS (Microsoft Cluster Server). Le principe est de
grouper deux serveurs (ou nuds) au sein dune seule machine logique. Tout ou
partie des unités de disque est partagé entre les serveurs, via par exemple une baie de
disque SCSI RAID1. Si lune des deux machines tombe en panne, lautre prend le
relais de manière transparente pour les utilisateurs connectés, et seule une
augmentation du temps de réponse pourrait mettre la puce à loreille du
client
Pour savoir si la machine principale est en panne, la machine de secours se
contente de scanner périodiquement lautre serveur via le réseau, ou via une
liaison spécialisée établie entre les deux nuds. Cette technologie est
dores et déjà disponible au sein de Windows NT 4.0 édition Entreprise, mais la
taille du cluster est limitée à deux nuds. La version 5.0 de NT Entreprise portera
cette limite à 16 nuds, et surtout permettra de répartir la charge entre les
différents nuds du cluster. (Il est évident que disposer de 15 machines de secours
pour une seule machine en fonctionnement nest pas lobjectif recherché; il est
donc nécessaire de répartir la charge entre toutes les machines).
Par défaut, toutes les applications peuvent fonctionner sur un cluster et basculer
dune machine à lautre. En fait, cest NT lui-même qui organise le
transfert des API, permettant aux éditeurs daller plus loin, pour supporter les
transactions ou pour supporter le partage de charge introduit par MSCS 2.0. Par le biais
dune DLL reposant sur ces nouvelles interfaces, lapplication pourra
entreprendre des actions supplémentaires telles que la notification aux utilisateurs, la
répartition de la charge entre les nuds du cluster, etc. En 1998, la version 7.0 de
SQL Server intégrera le support des clusters à deux nuds et permettra de basculer
les requêtes et les transactions en cours. Il est probable que, petit à petit, toutes
les applications BackOffice de Microsoft sauront travailler sur une architecture cluster.

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